Du micro à l’écran: Bourvil, la tactique de la grande âme


Monthyon, le 13 avril 1970, dans le parc du château de l’acteur Jean-Claude Brialy, près de Meaux. Lors du tournage du dernier plan de la Cercle rouge, thriller simple, Bourvil, noué avec l’imperméable du commissaire misanthrope Mattei, demande une seconde prise et improvise devant son partenaire: «Savez-vous comment j’ai réussi à trouver une solution à ce problème? Eh bien, il s’agit simplement d’appliquer le … [il se met à chanter] le taca taca tique du gendarme… »Amusé, il prend une de ses 300 ritornelles, faisant rire toute l’équipe technique. Cependant, il subit le martyre, le cancer de la moelle osseuse lui tord le dos de douleur, il sait qu’il a été condamné pour deux ans. C’est une mort suspendue … qui laissera la France inconsolable lorsque le Grim Reaper l’emportera, cinq mois plus tard. André Raimbourg, dit Bourvil, avait diverti la nation pendant près de trente ans et tout a commencé par une chanson.

Entre Bourvil et la musique, la passion commence très tôt. Il est né le 27 juillet 1917 à Prétot-Vicquemare, en Normandie, près d’Yvetot, dans une famille d’agriculteurs qui déménage bientôt à Bourville (d’où son pseudonyme). Enfant, le jeune André aime chanter et écoute les airs de Fernandel sur la radio de son professeur. «Il restait collé à la radio pendant des heures et essayait de reproduire les chansons avec son harmonica, avant de commencer à les chanter lors des fêtes scolaires», explique Pascal Delmotte, biographe de Bourvil. Le mélomane joue de l’accordéon, du cornet, participe à l’orchestre municipal. Il n’aime pas autant que faire rire les gens et chante des chansons de Fernandel lors des danses de sa région. Impliquez-vous dans le 24moi régiment d’infanterie, à Paris, où il fera partie de la fanfare militaire. «C’est à ce moment qu’il participe aux accrochages radio et qu’il crée son personnage stupide en enfilant le costume de mariage de son beau-père, un pantalon trop court, une veste trop courte», poursuit Delmotte. Il passe ses cheveux sur son front et chante des chansons de Fernandel. Il a pris comme premier nom artistique Andrel, composé de son prénom André et à la fin de l’El qui évoque Fernandel. « 

Dans les griffes de Clouzot

Pendant la guerre, Andrel rencontre Étienne Lorin, accordéoniste avec qui il tente sa chance à Paris et écrit ses propres chansons, notamment « Les Crayons ». Il prend le nom de scène Bourvil en 1941 et est remarqué par l’homme d’affaires Tino Rossi. C’est le début de la gloire. En même temps, il a commencé dans le cinéma. En 1945, il a joué dans Ferme du pendu, où il chante « Les Crayons ». Réalisateur de comédies légères, André Berthomieux a la bonne idée de le mettre en tête de l’affiche avec Pas si stupide et trois autres films dans lesquels Bourvil joue ses tubes, notamment « La Tactique du gendarme » dans Roi Pandore. «À la fin de la guerre, le public a besoin de rire et ces films connaîtront un énorme succès», affirme Annie Boucher, son autre biographe. Les gens le connaissaient à la radio et, avec les films, ils ont découvert son visage. »En 1946, il est le protagoniste de sa première opérette, La bonne hôtesse, qui restera sur la facture pendant quatre mois.

Si les réalisateurs exploitent son côté stupide, il prendra un premier tour avec Henri-Georges Clouzot, directeur fâché de la Corbeau qui vous offre le rôle d’un timide timide dans Miquette et sa mère (1950). Avec cette adaptation d’un classique du boulevard, Bourvil peut quitter son personnage pour la première fois. Il a trente-deux ans. Un tournage où Clouzot harcelera Bourvil, mais le façonnera aussi, comme il le fera avec Yves Montand en Le salaire de la peur. C’est à partir de cette époque que Bourvil commence à afficher un registre plus tendre, tant dans ses chansons que dans le cinéma. Incarnation de la France d’après-guerre, elle mêle opérettes et films, notamment Le passage du mur, d’après Marcel Aymé. Après Uniquement à Paris, produit par Marcel Pagnol, un autre rôle contre le travail.  » Il ne voulait pas être piégé dans ce personnage stupide, il voulait montrer qu’il pouvait tout interpréter, mais le film est très mal accueilli, explique Pascal Delmotte. Avec Bourvil, les téléspectateurs ont eu envie de rire. »Continue avec les émissions radio, les récitals, le tournage du film Le trou normand, où il confie à la débutante Brigitte Bardot qu’il n’a pas d’avenir au cinéma (bien vu!), pas même à l’opérette. La Route des Fleurs, avec Georges Guétary et Annie Cordy, qui joueront… 1 300 fois! Car Bourvil n’aime rien de plus que d’être sur scène, faire se blottir le public, improviser, et il n’est pas rare qu’un spectacle de 90 minutes dure 2 heures 15 minutes!

La traversée de Paris Claude Autant-Lara (1956): le film qui propulsera définitivement Bourvil au sommet de l’affiche.
© Collection Continental Produzione / Franco / Christophel via AFP

La Traversée de Paris: Marcel Aymé n’en voulait pas

Grâce à Trois Mousquetaires (et ses dialogues signés Michel Audiard), Bourvil trouve un nouveau métier, celui de valet dans les films de swashbuckling. Bien sûr, il a un humour phénoménal et ensuite il se transformera en Piping in Le Bossu, puis à Cogolin en Le capitain. Tout a changé en 1956, avec La traversée de Paris, où, avec Jean Gabin et Louis de Funès, il incarnera un Français moyen, faible et lâche. Mais Claude Autant-Lara devra batailler dur pour l’imposer au producteur et Marcel Aymé, auteur de l’histoire dont le film est inspiré, qui menace de se retirer snous nommons le générique. Autant que Lara le tient, La traversée de Paris C’est un triomphe et Bourvil, qui dégage une incroyable humanité 24 fois par seconde, reçoit un prix de performance à Venise. «Soudain, j’ai senti que des réalisateurs sérieux, c’est-à-dire ceux qui font de« grands films », m’approchent. Cependant, il est plus facile d’exciter les gens que de les faire rire … Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation, Bourvil et Sarah Bernhardt. Un rire de qualité est ce que vous souhaiteriez pouvoir faire. L’heureux imbécile est mon travail. Que je m’échappe de temps en temps, je ne dis pas non, mais ce sera toujours pour revenir. « 

Pendant les quinze années qu’il reste à vivre, Bourvil mène une carrière exemplaire. Avec son ami Gérard Oury il fait tourner de grosses machines («J’étais l’école de la joie … Bourvil riait le matin en se réveillant. La nuit, il se déshabillait, les jetait dans les chambres et se couchait en riant.), fait craquer la France de rire à travers ses duos magiques avec Louis de Funès dans Le Corniaud (11 millions de téléspectateurs) ou le triomphant La grande vadrouille (17 millions). Mais Bourvil va aussi là où on ne l’attend vraiment pas avec Les Misérables (1958), où il se métamorphose en une anthologie de Thénardier, mesquine et gluante, ou Le miroir à deux faces (1958), dans lequel il incarne le mari jaloux et violent de Michèle Morgan. Un acteur qui endure est un acteur qui choisit. Et Bourvil a pris de très bonnes décisions. Ainsi, il s’amuse dans les petits prototypes subversifs de Jean-Pierre Mocky qu’il tourne en trois semaines, il donne à de jeunes réalisateurs comme Robert Enrico une chance pour un western moderne, Grandes bouches, trouvez les cinéastes avec qui vous vous sentez bien comme Gilles Grangier ou Alex Joffé (avec qui vous tournerez votre film préféré, Chanceux), est présenté dans Le jour le plus long ou donnez la réponse à William Holden dans Sapin de Noël, une chanson de Terence Young, réalisateur du premier 007.

Le cercle rouge par Jean-Pierre Melville (1970). Un des derniers (et grands) rôles de Bourvil, déjà très malade pendant le tournage.
© EIA / Les films Corona / Selenia / Collection Christophel via AFP

André Bourvil est l’un des meilleurs acteurs français (Jean-Pierre Melville)

Et comme il aime surtout le contact avec le public, il chante toujours des zarzuelas, sans oublier l’enregistrement habituel des 45 équipes, notamment «Fruit salad» ou «It was good», mieux connu sous le titre de «P’tit ball perdu « … Mais contrairement à Fernandel, qui sera insupportable sur le tournage de Cuiseur à beurreBourvil restera un homme simple, modeste, enthousiaste, toujours prêt à plaisanter, à l’écran ou dans la vie. Cependant, en 1968, il a fini de rire. Après l’ablation d’un kyste, Bourvil apprend qu’il a une tumeur à la moelle osseuse. Il a 51 ans et plus de deux ans, crucifié par le chagrin. Entre deux séances de chimiothérapie à Villejuif, il a continué à tourner avec Gérard Oury et Belmondo (Le cerveau), Mocky (Le talon), malgré les montants exorbitants exigés par les compagnies d’assurances, ou, bien entendu, en Les Cercle rouge, un tournage difficile puisque Bourvil a reçu des injections de morphine pour endurer.

Sur un plateau, Jean-Pierre Melville vous propose le rôle d’un policier torturé et hiératique qui affronte Alain Delon et Yves Montand. Il remplace Lino Ventura, en colère contre le cinéaste explosif, qui déclarera: «Bourvil apporte à mon histoire un élément d’humanité que je n’avais pas imaginé et que Lino Ventura n’aurait pas apporté. André Bourvil est un grand acteur, l’un des plus grands acteurs français.  » Le cercle rouge marque une nouvelle étape dans sa carrière, mais Bourvil décède en septembre 1970, un mois avant le lancement de la Mur de l’Atlantique et le thriller de Melville. Depuis, malgré ses innombrables tubes et opérettes, Bourvil restera à jamais la même incarnation de l’acteur populaire, à la fois artiste public et mélancolique, une star accessible, débordante d’humanité, dont les films, pas moins de soixante. -deux, diffusés à la télévision, continuent de battre des records d’audience. Et qu’il a inspiré plusieurs comédiens, notamment un Dany Boon, qui, avec bienvenue à la maison Ch’tis, battra le record historique de La grande vadrouille.

«Ce que je dis n’a pas d’importance. De plus, les acteurs sont des personnes qui n’ont pas vraiment d’importance. Nous vendons des gommes. Quand on passe, on passe. Pagnol, on s’en souviendra. Renoir aussi. Nous, les comédiens, passons cinquante ans, cent ans, on ne se souvient pas d’eux … Cheveux au bras! « 

Avoir :

Le cercle rouge (1970): un thriller ambitieux dans lequel le sort du destin traque des sbires déterminés à faire tout ce qu’ils peuvent pour obtenir le braquage parfait. Au programme, une séquence inoubliable de 25 minutes de pause bijoux. Avec Alain Delon, Yves Montand et un Bourvil absolument émouvant.

La grande vadrouille (1966): un modèle de cinéma comique français et la dernière collaboration entre de Funès et Bourvil, qui étaient en La folie des grandeurs.

Grandes bouches (1965): cinéma d’action, viril et spectaculaire. Avec, en prime, une bonne séquence de combat entre Bourvil et Lino Ventura.

Le miroir à deux faces (1958)Marié à Michèle Morgan, affligé par un visage laid, Bourvil se métamorphose en tyran domestique lorsqu’il subit une chirurgie esthétique.

Écoutez:

C’était bien (Parlophone), une excellente compilation de 20 chansons qui témoigne de l’ampleur de la carrière de Bourvil.

Lis :

Bourvil, comment vas-tu, ils sont heureux en 2010 et Bourvil, le film d’André en 2017, par Pascal Delmotte et Annie Boucher, Flammarion.

Bourvil: C’est bon, ils sont heureuxpar Annie Delmotte, Pascal Delmotte et Gilles Verlant.
© Flammarion

Découvrir :

– Exposition Bourvil à Lille, organisée lors du festival CinéComédies par Pascal Delmotte et Annie Boucher, du 30 septembre au 4 octobre, avec 450 pièces (affiches, photographies, objets, souvenirs, etc.).

Exposition Bourvil à Lille, organisée lors du festival CinéComédies par Pascal Delmotte et Annie Boucher, du 30 septembre au 4 octobre.

Dans les épisodes précédents: Du micro à l’écran (Frank Sinatra, Charlotte Gainsbourg, David Bowie, Yves Montand)

SPIN:

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